Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /2010 12:11

 

La nécessité de sauvegarder notre environnement ne quitte guère les grands titres de l’actualité en ce moment. Après la catastrophique marée noire due à la fuite de pétrole d’un puits dans le golfe du Mexique, un rapport de l’ONU sur la biodiversité, présenté lundi 10 mai, sonne lui aussi comme un sévère rappel à l’ordre. Présenté par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ce rapport dresse un état des lieux alarmant sur la situation mondiale. L’ONU rappelle qu’en 2002, la communauté internationale s’était fixé des objectifs précis pour réduire la perte de biodiversité d’ici 2010. Or cette année risque fort d’être, au contraire, une année noire.

 

Le rapport indique que non seulement les objectifs de 2002 n’ont pas été atteints, mais qu’en outre certaines situations sont sur le point de devenir irréversibles : dépérissement de vastes zones de forêt amazonienne, modification de nombreux lacs d’eau douce, effondrement de plusieurs écosystèmes de récifs coralliens, etc. Sur les quinze indicateurs choisis pour veiller aux évolutions de la biodiversité, dix sont dans le rouge. Et pour l’ONU, la responsabilité incombe en grande partie aux gouvernements qui, de par leur manque d’engagement, « n’ont pas atteint leurs objectifs : les États possèdent encore des marges de manœuvre pour inverser la tendance ».

 

Encore une fois, le manque de volontarisme (voire l’attentisme…) sont pointés du doigt. Or « attendre » est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre pour endiguer la perte de biodiversité. C’est justement dans ce sens qu’allait le rapport intitulé « Un nouvel élan pour enrayer la diminution de la biodiversité » que j’ai présenté, à Bruxelles, au Comité des Régions en juin 2009. Et si certains doutaient encore de l’utilité de prendre le problème de la perte de biodiversité à bras-le-corps, ils feraient bien d’examiner les conclusions de ce dernier rapport de l’ONU : il y a vraiment urgence.

 

 

Par René Souchon
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /2010 10:08

 

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé une quarantaine de mesures pour les territoires ruraux, portant notamment sur la couverture numérique des territoires, les transports, le développement économique, l’accès aux soins et les services publics.

 

Pour les habitants de cette France des campagnes et des petites villes, pour les porteurs de projets (élus, entrepreneurs, associations) animés d’un formidable désir de vie, bouillonnant d’idées et soucieux de faire partager l’enthousiasme que chacun met, quotidiennement, à bâtir l’avenir, les annonces laissent un goût amer et un fort sentiment d’inachevé. Je ne peux m’empêcher de constater encore une fois que la montagne de discours accouche de petites souris en terme d’actes concrets.

 

5 milliards sont prévus. Encore une fois cela ne coûte rien de le dire, d’autant que la même semaine le Premier Ministre a annoncé 6 milliards en moins de dépenses sociales de l’Etat ! En outre, ces crédits sont tributaires pour moitié du grand emprunt, lequel n’est pas encore lancé, tandis que l’autre moitié sera redéployée à budget constant. D’ores et déjà il y a fort à penser que l’on va déshabiller Pierre pour habiller Paul et ce faisant, en abandonnant certains projets, comme par exemple en Auvergne la délabellisation du pôle de compétitivité « Innoviandes », on va en financer d’autres ! 

 

D’autre part, les mesures en faveur du transport ferroviaire ou des maisons de santé par exemple seraient accueillies avec plus d’espoir si l’Etat ne se bornait pas à faire exactement le contraire de ce qu’il dit. Récemment encore, j’alertais la Ministre de la Santé sur les menaces qui pèsent sur les services de chirurgie des petits hôpitaux publics comme celui de Brioude [lettre à Roselyne Bachelot] et dans la même veine alors que la Région s’échine à sauver le réseau ferré depuis 4 ans, de nouvelles menaces pèsent sur la ligne du Cévenol (Clermont –Nîmes) !    

 

Pour répondre aux défis qui se posent à la ruralité du XXIème siècle, et face à la déshérence organisée des territoires menée par un Etat qui érige en dogme intouchable et sacré le « bouclier fiscal » ; la gauche, dans son projet pour l’alternance, et d’ores et déjà dans sa pratique quotidienne des responsabilités au sein des régions et des départements met en oeuvre un véritable « bouclier rural » face au nouveau « désert français » que prépare la droite.

 

Un bouclier fondé sur une économie locale durable et notamment via une agriculture réorientée, source de revenus pour les exploitants, un bouclier qui accompagne les territoires dans leurs projets de développement, un bouclier appuyé sur un niveau plancher de services à la population notamment en mettant en avant les nouvelles technologies ; un bouclier rural pour une nouvelle politique d’aménagement du territoire, c’est ce que je défends pour l’Auvergne et dans le cadre de mes nouvelles missions au sein de l’Association des Régions de France, pour une politique de la ruralité solidaire et juste.

 

 

Par René Souchon
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 18:59

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En raison du calendrier électoral, la réforme de l’État et des collectivités locales est sortie des feux des projecteurs médiatiques depuis quelques longues semaines. Pour autant, les responsables de collectivités territoriales, à commencer par les présidents de Régions, ne l’ont pas oubliée ! Tout comme les présidents de Conseils généraux qui se montrent particulièrement soucieux pour l’avenir de leurs finances, au point de se regrouper sur cette question en faisant fi de leurs divergences politiques, les représentants de l’Association des Régions de France (ARF) tirent à leur tour la sonnette d’alarme. Par un courrier envoyé au Président de la République, ils attirent à nouveau l’attention sur quelques erreurs à ne surtout pas commettre dans les décisions qui se profilent.

 

Comme le souligne ce courrier, nos voisins européens ont compris que la décentralisation constitue le gage d’une meilleure efficacité des politiques publiques, et ont poursuivi sur une dynamique de décentralisation en renforçant en particulier le rôle des Régions. Des Régions qui sont par ailleurs, rappelons-le au passage, devenues un partenaire de l’Europe par l’intermédiaire du Comité des Régions, dont je suis membre. Dans le même temps que fait la France ? Et bien à travers la réforme telle qu’elle a été pensée, elle marche à reculons, nageant en plein contresens par rapport à la dynamique européenne. La réforme de la taxe professionnelle privera définitivement les Régions de leur autonomie fiscale. D’autre part cette réforme des collectivités locales, actuellement en débat au Parlement, n’apporte à nos yeux aucune vraie réponse au besoin de clarification des compétences entre l’État et les collectivités, ni même entre collectivités.

 

Nous ne pouvons pas laisser dire, par les représentants du gouvernement, que les collectivités « gèrent » mal leurs finances. D’une part elles se soumettent, en préparant leur budget, à la règle d’équilibre entre recettes et dépenses, ce que ne fait pas l’État soit dit au passage, d’autre part les collectivités assurent à elles seules plus des deux tiers des investissements réalisés sur le territoire national. Nous ne comptons malheureusement plus les exemples où l’État vient « mendier », parfois même en tentant le passage en force, de l’argent aux collectivités pour boucler des dossiers qui sont pourtant entièrement de sa compétence : citons les lignes à grande vitesse, le plan Campus pour les universités, et évidemment les routes nationales, pour le financement desquelles l’État ne cesse de nous solliciter !

 

Il est lamentable, de la part de certains membres du gouvernement et ils ne se sont pas privés de le faire pendant la campagne des régionales, de stigmatiser l’action des collectivités locales à des fins politiciennes. Une réforme qui réduirait la marge de manœuvre des Régions en portant un coup de butoir à leur autonomie financière, serait non seulement une catastrophe sur le plan économique, puisqu’elle freinerait les collectivités dans leurs investissements, mais aussi un pas en arrière par rapport à la démarche de nos partenaires européens qui au contraire renforcent le rôle des Régions.

 

 

Par René Souchon
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