Mardi 16 décembre 2008

   

 

 


 













Ce lundi 15 décembre, en salle d'assemblée du Conseil régional d'Auvergne, René Souchon, Président,  et Arlette Arnaud-Landau, Vice-Présidente en charge de l'apprentissage et de la formation tout au long de la vie, ont été ravis de remettre un prix aux jeunes filles auvergnates effectuant un apprentissage.


Par René Souchon
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Jeudi 4 décembre 2008

C’est avec beaucoup de tristesse et d’amertume que j’ai appris le départ de Jean-Hugues Bourgeois, jeune agriculteur bio de 28 ans qui était venu s’installer il y a deux ans dans le Puy-de-Dôme.

 

Les menaces et les actes criminels dont il a été la victime pendant ces longs mois sont totalement révoltants et je ne peux qu’exprimer encore ma solidarité face au courage dont il a fait preuve.

 

C’est une affaire d’autant plus emblématique qu’elle porte un coup très rude à l’image de notre région. Ces pratiques arriérées et obscurantistes doivent plus que jamais cesser et j’espère que la justice passera dans les meilleurs délais : pour Jean-Hugues Bourgeois, pour sa famille, pour tous ceux qui l’ont soutenu et tous ceux qui défendent un vivre ensemble empreint de valeurs humanistes. 

 

Sur le terrain, les élus locaux, les entrepreneurs, les citoyens épris de changement et de modernité ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts pour faire bouger nos territoires et surtout pour y maintenir ou y accueillir de la vie, des nouvelles populations. La démographie peut être le cancer de l’Auvergne dans quelques années. Depuis 2004, la Région mène des politiques pour renverser la tendance, développer les services publics, les activités, renouveler l’image de nos territoires et prouver que l’innovation et la modernité ne sont pas réservés aux grandes agglomérations mais peuvent s’épanouir dans des territoires préservés.

 

Je souhaite bonne chance à Jean-Hugues Bourgeois et à sa famille dans leur nouvelle vie. Cela ne peut que nous inciter à redoubler d’efforts pour remettre sur le métier encore et encore l’Auvergne accueillante et solidaire que nous souhaitons.

Par René Souchon
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Jeudi 20 novembre 2008

Le Ministre Hortefeux devrait peut-être balayer devant sa porte avant de donner des leçons et critiquer ce qu’il ne connaît pas, et pour cause, puisqu’il reste en général une heure aux séances du conseil régional.

 

Depuis plusieurs mois, alors que l’élevage ovin, notamment en Auvergne, traverse de grandes difficultés qui sont avant tout structurelles et fondées sur l’attribution injuste et inéquitable des aides de la Politique Agricole Commune (56 % des aides vont à 20 % des exploitations en France et en Auvergne, près d’un tiers des exploitations reçoivent moins de 5000 € d’aides), l’UMP locale - dont la voix est relayée sans relâche par le zèle de la FNSEA (syndicat majoritaire agricole) - demande sans cesse à la Région d’intervenir sur un sujet qui ne relève pas de sa responsabilité.

 

La politique agricole, comme chacun le sait, relève avant tout de l’Europe (9 milliards d’€), et pour la France de l’Etat (5milliards d’€). Ce n’est pas une compétence spécifique des Régions. Cependant, bien que le gouvernement ne cesse de diminuer nos moyens (plafonnement de nos recettes, perte de la péréquation, etc..), le budget du Conseil régional à l’agriculture s’élevait en 2008 à 10,9 millions d’€.

  

 

Avec la majorité de gauche au conseil régional, nous faisons beaucoup parce qu’une agriculture en bonne santé, c’est une campagne qui reste en vie ! Mais faire beaucoup ne veut pas dire se substituer systématiquement à un État défaillant qui veut tout régenter sans payer : le budget de la Nation pour l’agriculture à diminué de 96 millions d’€ en 2008 (9 fois notre effort pour l’agriculture auvergnate) sans que cela n’émeuve aucun élu de l’UMP ni de la FNSEA.

 

  

 

 S’agissant de la crise ovine, chacun le sait, cette filière a été durement touchée par l’épizootie de la « fièvre catharrale ». Faciliter la vaccination des animaux pour prévenir de telles catastrophes et favoriser le retour à la normale (aide à la reconstitution de cheptels) est du ressort de la solidarité nationale. Or, le gouvernement a tergiversé, mal anticipé, bref, il a une fois de plus failli à ses responsabilités comme le note la commission des Finances du Sénat dans un rapport qui pointe une « mauvaise appréciation des besoins » de la filière et une « sous-budgétisation récurrente » pour faire face à cette crise majeure ! rapport à télécharger 

 

Aujourd’hui, alors que Michel Barnier annonçait la semaine dernière un plan de soutien de 250 millions d’€ pour l’agriculture, il apparaît que ce plan inclut et mélange dans les crédits nationaux les aides de l’Europe, des banques, de la MSA. Ce plan recycle des aides déjà promises précédemment et consacre à l’élevage ovin une portion congrue :

- 50 millions d’€, soit 800 € par exploitation alors que de nombreux agriculteurs ovins vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté et que cette aide ne sera effective que si et seulement si l’Europe donne son feu vert.

 

Les syndicats agricoles ne s’y sont d’ailleurs pas trompés puisque la Confédération Paysanne ou le MODEF parlent de «miettes aux agriculteurs» après le «festin donné aux banquiers» et le plan d’aide de 360 milliards d’€ !

 

Le paradoxe, c’est que tout en saluant un « effort exceptionnel » de la part de l’Etat, la droite, dans un exercice de novlangue qu’elle affectionne particulièrement, demande un complément de la Région. Mais si l’effort du gouvernement était réellement si exceptionnel, il n’aurait pas besoin d’être complété ! En outre, c’est oublier que la Région s’engage déjà pour l’agriculture et l’élevage ovin en particulier avec l’adoption prochaine d’une « charte ovine régionale » !

 

Enfin, avec mes collègues Présidents de Région nous portons une proposition innovante de régionalisation et de territorialisation de la PAC afin qu’à l’instar de l’Allemagne ou de l’Italie, les aides collent mieux à la réalité des besoins des territoires et des filières et qu’elles soient rééquilibrées entre des secteurs très largement favorisés comme les céréaliers et des secteurs délaissés comme les filières de montagne ou l’agriculture bio ! Cette proposition de régionalisation, le collègue de Brice Hortefeux, Michel Barnier, n’en veut pas, et après l’UMP demande aux Régions de toujours faire plus ! Vive l’incohérence !

 

Dans nos domaines de compétence, notre travail porte ses fruits et a des résultats. Monsieur Hortefeux devrait peut-être s’en inspirer, lui dont le travail à l’Immigration apparaît assez approximatif ces dernières semaines : sa tentative d’exclure l’association d’aide aux sans-papiers, la CIMADE, des centres de détention a été retoquée par le Tribunal administratif de Paris, et aujourd’hui, c’est le Conseil de l’Europe qui condamne officiellement sa politique du chiffre en matière d’arrestation de sans-papiers. rapport à télécharger 

 

Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, note que les forces de l'ordre françaises procèdent à "de plus en plus d'interpellations avec des méthodes parfois contestables", s'alarme des arrestations qui ont eu lieu dans l'enceinte même d'écoles et de préfectures (des lieux qui, relève-t-il, "devraient être des lieux protégés où aucun étranger ne devrait pouvoir être interpellé") et pointe le caractère « arbitraire du processus de régularisation » des sans-papiers.

 

Encore un petit effort de rigueur Mr Hortefeux. Vous ne servez déjà pas l’image de la France en tant que patrie des Droits de l’Homme, ce n’est pas servir l’Auvergne que d’adopter sur des sujets aussi complexes que l’agriculture des postures incohérentes et démagogiques pour mieux masquer le brouhaha de vos ambitions !

 

 

 

Par René Souchon
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