Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 17:29

Dans le contexte de grave crise,  politique, institutionnelle, économique, sociale et environnementale, que traverse notre pays,  les président(e)s de Région  considèrent qu’il est urgent de jeter les bases d’un nouvel approfondissement de la décentralisation, accordant enfin  à la Région sa  vraie place dans notre système politique et administratif.

Depuis les lois de décentralisation de 1982, les Régions  se sont construit une pleine  légitimité, démontrant  leur efficacité dans tous les domaines de compétences transférés (lycées, TER, formation professionnelle, aménagement du territoire, développement économique et développement durable, transports). Elles ont également acquis une importante visibilité dans d’autres secteurs aussi prioritaires que l’enseignement supérieur, la recherche, la culture ou la santé. Elles ont démontré la solidité de leur gestion, avec des budgets équilibrés, des choix rigoureux, une dette maîtrisée, soit 200 euros par Français au lieu de 20000 euros pour l’Etat.

En partenariat avec l’ensemble des collectivités, les Régions sont devenues les pivots des politiques d’aménagement du territoire. En contractualisant avec l’Etat, elles ont démontré leur attachement à la cohérence des priorités nationales sur le territoire régional. Elles ont profondément renouvelé l’action publique ont rendant féconde l’articulation  avec les initiatives privées, notamment dans les champs de l’emploi, de l’innovation et de la recherche. Bref, elles ont administré la preuve qu’elles étaient l’échelon pertinent pour élaborer des stratégies durables et les programmes à long terme porteurs d’avenir. Elles construisent, année après année, la France de demain, tout en répondant  jour après jour aux attentes de leurs concitoyens.

Aujourd’hui, la réforme territoriale péniblement, adoptée en CMP le 3 novembre, porte une grave atteinte au fait régional, avec la création du conseiller territorial et  donc sur l’avenir de la France.

Face à cette situation qu’ils dénoncent avec force, les présidents de Région, réunis ce jour à Paris pour le 6ème  Congrès  de l’ARF, entendent  réaffirmer que le pays  a, plus que jamais,  besoin de Régions fortes, à l’instar de ce que l’on observe chez nos voisins européens.

Il est urgent de se tourner enfin vers l’avenir et d’agir, dans  quatre directions : 

Pour rendre l’action régionale pleinement efficace, garantir l’exercice des compétences en simplifiant et en clarifiant les responsabilités : un  pilotage régional clair de la chaine orientation/formation/emploi s’impose,  dans le cadre de  schémas régionaux véritablement prescriptifs.  De même, les Régions deviendraient  l’autorité de gestion des fonds européens et la compétence en matière de développement économique leur serait pleinement dévolue, dans le respect du rôle de l’Etat.

Pour adapter les politiques régionales aux  diversités territoriales,  accorder un pouvoir normatif aux Régions et moderniser les circuits de décision : ces grandes collectivités doivent être créatrices de droit dans leurs champs de compétences et ne plus dépendre en tout de textes nationaux

Pour jouer pleinement la complémentarité entre l’Etat et les Régions, il faut refonder leurs relations, en instaurant une véritable Conférence Etat/Régions, très différente de la conférence des exécutifs, en liaison avec les autres collectivités pour les sujets qui les concernent.

Enfin, pour donner aux  Régions les moyens durables de leurs ambitions, il est urgent  de jouer la cohérence, en réformant la fiscalité locale. Le principe serait de définir une ressource pérenne en lien avec les attributions régionales, par exemple un  versement sur les  transports, un prélèvement sur l’activité des sociétés d’autoroutes, ou  une taxe sur le numérique, à l’instar de la taxe sur l’électricité prélevée au profit des communes et des départements.

Par René Souchon
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 17:40

photo.jpgA l'occasion du Congrès de l'Association des régions de France qui s'est déroulé ce vendredi à Paris, je suis intervenu aux côtés de Yann Arthus Bertrand sur le thème des défis environnementaux à relever pour l'avenir de nos régions, citant, notamment les multiples réalisations qui font qu'aujourd'hui l'Auvergne avance, pas à pas, pour devenir une Eco-Région : parcs naturels régionaux, soutien à la filière bois-énergie, plan biodiversité, politique agricole fondée sur le développement durable et la proximité.

 

 

Lors de ce rendez-vous, Yann Arthus Bertrand a salué l'exemple de l'Auvergne et notamment le dispositif des repas bio dans les Lycées, puisque depuis 2004, non seulement le budget de la Région en faveur de l'agriculture biologique est passé de 200.000 à 1,3 million d'euros annuels mais en outre, le nombre de repas bio servis dans les établissements d'Auvergne a connu une hausse considérable : 28.000 en 2009 !

 

Cette reconnaissance  est importante car elle nous incite à continuer à avancer vers un modèle durable et humain, vers une Auvergne porteuse des réalisations d'un nouveau monde !

Par René Souchon
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 09:36

comite-regions-jeudi-4.jpg

J’ai récemment participé à Bruxelles, en session plénière du Comité des Régions d’Europe, aux débats suscités par la stratégie numérique et les mesures concrètes à prendre pour faciliter le déploiement et l’adoption de connexions à haut débit rapides et ultrarapides dans l’Union européenne. J’ai dû, à cette occasion, attirer l’attention sur la nécessité de veiller à la couverture des zones rurales et des zones les moins peuplées, soulignant le fait que la fracture numérique est non seulement une réalité, mais qu’en outre elle mène à une fracture sociale, territoriale et culturelle. Combler le fossé numérique dans des zones rurales en retard de développement constitue l’un des meilleurs leviers de croissance durable pour ces territoires.

 

L’accès au haut débit est devenu, à mes yeux, un véritable « droit universel ». C’est justement en ce sens que j’ai proposé d’intégrer le haut débit rapide et ultrarapide dans le champ d’application de la directive « service universel ». Je ne pense pas que les moyens actuellement prévus par la Commission européenne soient à la hauteur des enjeux. Et faute de ressources financières, les autorités territoriales ne sont pas en mesure d’assurer seules la couverture des zones rurales, ni de réaliser des projets de longue haleine dans le domaine du numérique.

 

Or nous savons pertinemment que les grands opérateurs sont réticents dès lors qu’il s’agit d’investir dans les zones les moins peuplées : la loi du marché favorise bien sûr la couverture des grandes agglomérations, au détriment d’un aménagement équilibré et solidaire du territoire. À ce titre, je pense qu’il est indispensable que de nouvelles politiques courageuses soient mises en œuvre, qui osent aller à l’encontre d’intérêts bien établis afin de garantir à tous une égalité d’accès à un prix abordable. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à défendre de telles positions : lors d’un atelier organisé dans le cadre des Open Days 2010, auxquels j’ai également participé, William E. Kennard, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, a insisté à son tour sur le besoin d’un engagement politique fort pour réduire encore la fracture numérique. C’est un avis que je partage complètement…

Par René Souchon
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