Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 09:36

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J’ai récemment participé à Bruxelles, en session plénière du Comité des Régions d’Europe, aux débats suscités par la stratégie numérique et les mesures concrètes à prendre pour faciliter le déploiement et l’adoption de connexions à haut débit rapides et ultrarapides dans l’Union européenne. J’ai dû, à cette occasion, attirer l’attention sur la nécessité de veiller à la couverture des zones rurales et des zones les moins peuplées, soulignant le fait que la fracture numérique est non seulement une réalité, mais qu’en outre elle mène à une fracture sociale, territoriale et culturelle. Combler le fossé numérique dans des zones rurales en retard de développement constitue l’un des meilleurs leviers de croissance durable pour ces territoires.

 

L’accès au haut débit est devenu, à mes yeux, un véritable « droit universel ». C’est justement en ce sens que j’ai proposé d’intégrer le haut débit rapide et ultrarapide dans le champ d’application de la directive « service universel ». Je ne pense pas que les moyens actuellement prévus par la Commission européenne soient à la hauteur des enjeux. Et faute de ressources financières, les autorités territoriales ne sont pas en mesure d’assurer seules la couverture des zones rurales, ni de réaliser des projets de longue haleine dans le domaine du numérique.

 

Or nous savons pertinemment que les grands opérateurs sont réticents dès lors qu’il s’agit d’investir dans les zones les moins peuplées : la loi du marché favorise bien sûr la couverture des grandes agglomérations, au détriment d’un aménagement équilibré et solidaire du territoire. À ce titre, je pense qu’il est indispensable que de nouvelles politiques courageuses soient mises en œuvre, qui osent aller à l’encontre d’intérêts bien établis afin de garantir à tous une égalité d’accès à un prix abordable. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à défendre de telles positions : lors d’un atelier organisé dans le cadre des Open Days 2010, auxquels j’ai également participé, William E. Kennard, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, a insisté à son tour sur le besoin d’un engagement politique fort pour réduire encore la fracture numérique. C’est un avis que je partage complètement…

Par René Souchon
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 09:35

Personne ne conteste la nécessité de ramener un peu d’équilibre dans les finances publiques, mais les leviers que le gouvernement utilise pour faire des économies sont non seulement contestables, mais aussi contreproductifs. Le projet de loi de finances présenté début octobre ambitionne de ramener les déficits publics à 6 %, contre 8 % attendus à la fin de l’année 2010. Soit. Mais les économies faites sur les interruptions des mesures de relance, de l’ordre de 16 milliards d’euros, et les économies sur les niches fiscales (10 milliards) promettent déjà d’être bien insuffisants pour une ambition de réaliser un effort budgétaire de 40 milliards comme annoncé.

 

Les 10 milliards correspondant à la réduction des niches fiscales ne sont clairement pas à la hauteur des enjeux : il y avait beaucoup plus de marge, sachant que la France détient le record mondial en la matière ! Mais la ligne politique actuelle, symbolisée par le bouclier fiscal, n’est pas à une répartition juste et équitable de l’impôt. En refusant toute hausse générale des impôts, et se privant de nombreuses recettes, le gouvernement se prive d’un levier d’action capital. La conséquence directe de ce choix politique est que la France prévoit de faire porter son effort budgétaire, en 2011, sur les dépenses principalement.

 

Nous allons à nouveau assister, soyons-en sûrs, à des dégâts inévitables dans nombre de politiques publiques. L’austérité conduira cette année encore l’État à diminuer les moyens des collectivités locales, qui sont le principal investisseur en France à l’heure actuelle. Les Régions, les Départements, les intercommunalités se verront rapidement confrontés à des gels en valeur des dotations. L’Éducation nationale va encore perdre des postes (16 000 suppressions envisagées), et le gouvernement a d’ores et déjà embrayé la marche arrière par rapport aux priorités écologiques (moyens budgétaires en baisse, baisse des aides aux installations « propres » des particuliers, etc.

 

Autrement dit, le gouvernement annonce un effort budgétaire pour 2011 qui se base sur des prévisions très optimistes d’une croissance qui serait miraculeusement retrouvée, avec une hypothèse de 2 % peu réaliste et qui porte essentiellement sur une réduction des dépenses, donc aussi des investissements. Cela n’annonce absolument rien de positif, la France risquant de toute façon de voir ses finances publiques dériver à nouveau. Manque de réalisme, casse annoncée des politiques publiques : il n’est pas nécessaire de regarder à la loupe le projet de loi de finances pour 2011 pour constater qu’il est tout simplement irresponsable.

Par René Souchon
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 15:36

47033 10150276940625123 75853605122 14843668 5398282 nLes filières de l’élevage traversent une crise majeure. De trop nombreux éleveurs connaissent des difficultés qui les conduisent pour certains à renoncer à leur métier.

 

Cette situation de crise ne doit plus perdurer. Il faut sortir de cette spirale de l’échec. Il faut redonner à l’élevage français sa fierté et assurer son dynamisme, en lien avec les attentes de nos concitoyens. Il faut agir, il est temps de mettre en place les actions politiques nécessaires.  

 

Comme  Président du Conseil régional d’Auvergne et ancien ministre de l’agriculture, je lance aujourd’hui « l’appel de Clermont-Ferrand pour le renouveau de l’élevage ».

 

Cet appel s’adresse à l’ensemble des responsables politiques, aux agriculteurs eux-mêmes et à l’ensemble de la société.

 

·        L’élevage est essentiel à l’équilibre économique, social et environnemental de nos territoires ruraux.

 

·        L’élevage participe à la sauvegarde de notre indépendance alimentaire. Nous avons besoin de toute la diversité et de la qualité de toutes nos productions agricoles, et particulièrement de nos productions animales.

 

·        L’élevage est vital pour les territoires, il en est même constitutif. Il est urgent de sauvegarder ce « patrimoine élevage ». Laisser disparaître l’élevage dans certaines régions est inacceptable.

 

·        Nos concitoyens doivent avoir confiance dans nos modes d’élevage.

 

·        Le monde agricole doit quant à lui répondre au mieux aux demandes de la société que ce soit en matière de qualité, de sécurité, d’écologie.

 

·        Consommateurs et éleveurs doivent se retrouver dans un nouveau « pacte », dans une ambition partagée, ceci dans l’intérêt réciproque des uns et des autres. 

 

·        Pour réussir, il faut sortir de la logique économique actuelle qui met en concurrence toutes les agricultures du monde, alors que les règles du jeu sont partout différentes. Assurer l’indépendance alimentaire des peuples, sauvegarder l’équilibre de nos territoires d’élevage, le marché seul ne le peut pas.

 

·        Il faut agir pour l’élevage en protégeant le marché européen. Aucune concession en la matière n’est possible. L’Europe doit sauvegarder la préférence communautaire. L’Union européenne ne doit pas brader l’élevage au profit d’autres intérêts économiques. L’élevage n’est pas la monnaie d’échange pour exporter nos airbus. Il faut rester ferme vis-à-vis du Mercosur et plus généralement dans le cadre des négociations sur le commerce international.

 

·        Il faut agir pour l’élevage en défendant une PAC forte pour l’après 2013. Il faut défendre une PAC juste et rééquilibrer les aides en faveur des régions d’élevage. Il faut une PAC qui soutient l’emploi, qui privilégie le nombre d’actifs dans les exploitations et non le nombre d’hectares. Les avantages écologiques de l’élevage à l’herbe devront être soutenus par des soutiens spécifiques complémentaires et incitatifs. La future PAC devra être territorialisée et prendre en compte les spécificités de chaque région d’élevage. Et la PAC devra bien sûr être dotée d’un budget à la hauteur des enjeux à venir. Il faut sanctuariser le budget, et dans cette enveloppe, rééquilibrer les soutiens vers l’élevage.

 

·        Il faut agir pour l’élevage en défendant les prix... Il s’agit là d’une question majeure et centrale. Défendre les prix, c’est d’abord assurer un cadre économique favorable et défendre une PAC forte et juste.  Défendre les prix, c’est aussi gérer la production au plus proche de la demande, réguler les marchés par la puissance publique. La régulation des marchés, cela représente des avantages indéniables, et des avantages qui coûtent peu au budget de la PAC et aux budgets des Etats. Défendre les prix, c’est rééquilibrer le rapport de force entre les éleveurs et l’aval des filières. Il faut encourager le regroupement de l’offre et stopper les pratiques abusives de la grande distribution. Eleveurs et consommateurs doivent devenir les maillons forts de chaque filière. Mais il faut pour tout cela des règles équitables et justes que seule la loi pourra imposer : il y a urgence.

 

 

Voilà les principes d’action qu’il semble utile de promouvoir. J'invite chacun, éleveurs, consommateurs, responsables politiques et syndicaux, à s’en emparer.

Par René Souchon
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