Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 15:05

Le Ministre Hortefeux devrait peut-être balayer devant sa porte avant de donner des leçons et critiquer ce qu’il ne connaît pas, et pour cause, puisqu’il reste en général une heure aux séances du conseil régional.

 

Depuis plusieurs mois, alors que l’élevage ovin, notamment en Auvergne, traverse de grandes difficultés qui sont avant tout structurelles et fondées sur l’attribution injuste et inéquitable des aides de la Politique Agricole Commune (56 % des aides vont à 20 % des exploitations en France et en Auvergne, près d’un tiers des exploitations reçoivent moins de 5000 € d’aides), l’UMP locale - dont la voix est relayée sans relâche par le zèle de la FNSEA (syndicat majoritaire agricole) - demande sans cesse à la Région d’intervenir sur un sujet qui ne relève pas de sa responsabilité.

 

La politique agricole, comme chacun le sait, relève avant tout de l’Europe (9 milliards d’€), et pour la France de l’Etat (5milliards d’€). Ce n’est pas une compétence spécifique des Régions. Cependant, bien que le gouvernement ne cesse de diminuer nos moyens (plafonnement de nos recettes, perte de la péréquation, etc..), le budget du Conseil régional à l’agriculture s’élevait en 2008 à 10,9 millions d’€.

  

 

Avec la majorité de gauche au conseil régional, nous faisons beaucoup parce qu’une agriculture en bonne santé, c’est une campagne qui reste en vie ! Mais faire beaucoup ne veut pas dire se substituer systématiquement à un État défaillant qui veut tout régenter sans payer : le budget de la Nation pour l’agriculture à diminué de 96 millions d’€ en 2008 (9 fois notre effort pour l’agriculture auvergnate) sans que cela n’émeuve aucun élu de l’UMP ni de la FNSEA.

 

  

 

 S’agissant de la crise ovine, chacun le sait, cette filière a été durement touchée par l’épizootie de la « fièvre catharrale ». Faciliter la vaccination des animaux pour prévenir de telles catastrophes et favoriser le retour à la normale (aide à la reconstitution de cheptels) est du ressort de la solidarité nationale. Or, le gouvernement a tergiversé, mal anticipé, bref, il a une fois de plus failli à ses responsabilités comme le note la commission des Finances du Sénat dans un rapport qui pointe une « mauvaise appréciation des besoins » de la filière et une « sous-budgétisation récurrente » pour faire face à cette crise majeure ! rapport à télécharger 

 

Aujourd’hui, alors que Michel Barnier annonçait la semaine dernière un plan de soutien de 250 millions d’€ pour l’agriculture, il apparaît que ce plan inclut et mélange dans les crédits nationaux les aides de l’Europe, des banques, de la MSA. Ce plan recycle des aides déjà promises précédemment et consacre à l’élevage ovin une portion congrue :

- 50 millions d’€, soit 800 € par exploitation alors que de nombreux agriculteurs ovins vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté et que cette aide ne sera effective que si et seulement si l’Europe donne son feu vert.

 

Les syndicats agricoles ne s’y sont d’ailleurs pas trompés puisque la Confédération Paysanne ou le MODEF parlent de «miettes aux agriculteurs» après le «festin donné aux banquiers» et le plan d’aide de 360 milliards d’€ !

 

Le paradoxe, c’est que tout en saluant un « effort exceptionnel » de la part de l’Etat, la droite, dans un exercice de novlangue qu’elle affectionne particulièrement, demande un complément de la Région. Mais si l’effort du gouvernement était réellement si exceptionnel, il n’aurait pas besoin d’être complété ! En outre, c’est oublier que la Région s’engage déjà pour l’agriculture et l’élevage ovin en particulier avec l’adoption prochaine d’une « charte ovine régionale » !

 

Enfin, avec mes collègues Présidents de Région nous portons une proposition innovante de régionalisation et de territorialisation de la PAC afin qu’à l’instar de l’Allemagne ou de l’Italie, les aides collent mieux à la réalité des besoins des territoires et des filières et qu’elles soient rééquilibrées entre des secteurs très largement favorisés comme les céréaliers et des secteurs délaissés comme les filières de montagne ou l’agriculture bio ! Cette proposition de régionalisation, le collègue de Brice Hortefeux, Michel Barnier, n’en veut pas, et après l’UMP demande aux Régions de toujours faire plus ! Vive l’incohérence !

 

Dans nos domaines de compétence, notre travail porte ses fruits et a des résultats. Monsieur Hortefeux devrait peut-être s’en inspirer, lui dont le travail à l’Immigration apparaît assez approximatif ces dernières semaines : sa tentative d’exclure l’association d’aide aux sans-papiers, la CIMADE, des centres de détention a été retoquée par le Tribunal administratif de Paris, et aujourd’hui, c’est le Conseil de l’Europe qui condamne officiellement sa politique du chiffre en matière d’arrestation de sans-papiers. rapport à télécharger 

 

Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, note que les forces de l'ordre françaises procèdent à "de plus en plus d'interpellations avec des méthodes parfois contestables", s'alarme des arrestations qui ont eu lieu dans l'enceinte même d'écoles et de préfectures (des lieux qui, relève-t-il, "devraient être des lieux protégés où aucun étranger ne devrait pouvoir être interpellé") et pointe le caractère « arbitraire du processus de régularisation » des sans-papiers.

 

Encore un petit effort de rigueur Mr Hortefeux. Vous ne servez déjà pas l’image de la France en tant que patrie des Droits de l’Homme, ce n’est pas servir l’Auvergne que d’adopter sur des sujets aussi complexes que l’agriculture des postures incohérentes et démagogiques pour mieux masquer le brouhaha de vos ambitions !

 

 

 

Par René Souchon
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 14:05

 

L’opposition régionale, depuis plusieurs semaines, annonce notamment lors de conférences de presse que depuis notre arrivée aux commandes nous avons perçu 170 millions de recettes supplémentaires qui auraient été dilapidées en frais de personnel, de communication ou même qui auraient disparu.


Lors de la session du 18 novembre dernier j’ai souhaité rétablir quelques vérités et démontré que cet argent a été utile au développement de notre région.


Ces 170 millions ont été soit investis pour renforcer des programmes existants soit utilisés pour de nouveaux programmes entre 2005 et 2008 :

+ 58,8 millions pour l’éducation (rénovation des lycées, gratuité des manuels scolaires et du 1er équipement, déploiement des ENT, forfait d’externat. L’effort en faveur de l’éducation est une réalité).

+ 34 millions en faveur des transports (la priorité à ce secteur s’affirme ainsi).

+ 18,7 millions pour les TIC (qui permettent à l’Auvergne de faire la course en tête).

+ 6 millions en faveur de la requalification urbaine.

+ 9 millions de FRADTTpour l’aménagement du territoire + 21,6 millions  pour Vulcania II (dont on mesure aujourd’hui toute la pertinence).

+ 12,34 millions au titre des non compensations de transfert.

+ 5,68 millions de perte de DGF de péréquation.


Soit au total 166,12 millions, sans prise en compte de l’inflation !


La droite locale, loin  de constituer une opposition crédible, s’égare dans le petit jeu de la caricature stérile. Elle nous réclame de grands projets sans être capable bien sûr d’en proposer un, peut-être faudrait-il pour la satisfaire construire un 2ème Zénith et un 2ème Vulcania au détriment de nos lycées, de nos transports, de l’aménagement du territoire !


Rappelons en effet que la Région soutient aujourd’hui financièrement 1 296 projets de développement répartis sur la totalité des communautés d’agglomérations ou de communes de l’Auvergne !


Le FRADDT (Fond Régional d’Aménagement et de Développement Durable des Territoires) a permis de majorer de 9 millions les sommes consacrées à des projets par rapport à la période antérieure.

Par René Souchon
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 12:25

Pour un ancrage à gauche du Parti Socialiste

 

Présent à Reims à l’occasion du congrès national du Parti Socialiste, j’ai assisté avec mes camarades du Puy de Dôme à un véritable débat sur la future orientation de notre parti. Deux lignes politiques sont proposées et il appartient désormais aux militants de choisir.

 

Face à l’approche sociétale préconisée par Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon défendent un ancrage à gauche et proposent une orientation et des mesures fortes pour reconquérir notre électorat grâce à de futures réformes économiques et sociales.

 

La question des alliances avec le centre est également une différence réelle et sensible. Je suis pour ma part opposé à une telle démarche qui n’aurait pour conséquence que de brouiller notre message et de favoriser l’émergence d’un pôle centriste. Le seul objectif de celui-ci est de nous dépasser lors du 1er tour de la prochaine élection présidentielle. J’invite les militants socialistes à se rassembler autour de la candidature de Martine Aubry pour changer la France et celle de Pierre Danel, candidat de la motion D, soutenu par la motion A (Delanoë) pour le poste de 1er Secrétaire de la Fédération du Puy de Dôme.

 

Je compte sur votre soutien.

René SOUCHON

Par René Souchon
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