Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 07:59
Hier était organisée  dans le cadre des Assises de la ruralité, une réunion à Langeac, à l'initiative du Préfet de la Haute-Loire. L'invitation à participer à cette réunion m'est parvenue la veille, autrement dit le Préfet a tout fait pour que je ne puisse être présent à cette réunion et que l'institution régionale ne soit pas représentée. Il en fut de même à Brioude il y a peu.

Le Préfet de Haute-Loire craint-il que le Président de Région ne rappelle qu'il n'y a plus de politique d'aménagement du territoire dans ce pays et que l'avenir de la ruralité est sujet à discussion depuis plus de trente ans ?

Il n'y a rien de nouveau. Nous savons tous ce qu'il convient de faire. J'ai moi-même écrit deux ouvrages sur la ruralité : l'un "le défi rural", l'autre, le "projet rural", il y a plus de 25 ans. Les préconisations restent d'actualité.

Le gouvernement et ses serviteurs zélés que sont les Préfets n'abusent personne. Le débat sur l'avenir de la ruralité est là pour créer l'illusion qu'une politique nouvelle va se mettre en place. Or, dans le même temps on assiste à l'affaiblissement et à la disparition des services publics, à la mise en coupe reglée de l'élevage, de la production laitière et animale en zone de montagne !

Si le gouvernement veut réellement venir en aide à la ruralité, et cela me paraît éminement nécessaire, qu'il commence par mettre en oeuvre une vrai politique de péréquation et de solidarité pour les territoires ruraux, qui sont exclusivement perçus comme des lieux récréatifs pour les urbains.

La ruralité joue un rôle majeur, tant du point de vue économique, environnemental et sociétal. Il convient de lui permettre de s'adapter aux réalités du monde moderne et aux ruraux, de vivre à égalité de service avec les urbains.
Par René Souchon
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 15:20



Samedi matin en compagnie de nombreux anciens combattants et élus de la Margeride, j’ai eu l’immense honneur de présider l’inauguration de la nouvelle scénographie du Musée du Mont Mouchet, financée par le Conseil régional d’Auvergne. Ce haut lieu de la Résistance méritait cette nouvelle mise en valeur qui permettra à tous et notamment aux plus jeunes de mieux comprendre et de sentir au plus profond d’eux-mêmes le sens du sacrifice qui anima les maquisards. En mai-juin 44, ils affrontèrent la Wehrmacht pour retarder la jonction des troupes allemandes du sud avec celles de Normandie afin de faciliter l’avancée des Alliés.



65 ans plus tard, nous devons plus que jamais rester fidèles à leur message. Celui de la Résistance d’hommes et de femmes, français et étrangers, qui donnèrent leur vie pour que la France continue d’être dans le sillage de 1789, ce phare des droits de l’homme qui éclaira le monde, pour que la République renaisse et qu’elle concrétise l’aspiration du plus grand nombre à la démocratie politique mais aussi sociale et économique (Sécurité sociale, nationalisations, lois ouvrières et agricoles).


Cette fidélité est d’autant plus nécessaire à l’heure d’un débat sur l’identité nationale aussi malsain que fangeux. Commentant le titre de son ouvrage « L’identité de la France », Fernand Braudel avait déclaré « le mot m’a séduit, mais n’a cessé des années durant, de me tourmenter ». Aujourd’hui, c’est bien la République qui est dans la tourmente, tant ont été dévoyées et détricotées les grandes promesses du programme du Conseil National de la Résistance : les puissances de l’argent reprennent chaque jour un peu plus le dessus et le rêve d’une République fondée sur la démocratie économique et sociale s’éloigne à grand pas.


Ernest Renan, que beaucoup citent aujourd’hui à contresens, avait défini en 1882 la Nation comme « une grande solidarité » ; solidarité impliquant la mémoire des « sacrifices que l’on a faits » et un appel à « ceux que l’on est disposé à faire encore ». Il s’agit de retrouver le chemin de cette « grande solidarité » comme matrice de l’identité de la France, identité qui ne peut être que démocratique et sociale, bien à rebours d’un nationalisme frileux et rétrograde qui exalte la « terre » ou commande aux citoyens d’aimer le pays sur ordre ou alors de le quitter ! Car ceux sont les grandes œuvres de la Révolution de 1789, ceux sont les promesses de la République de 1848 (droit du travail, abolition de l’esclavage, suffrage universel), ceux sont les lois de la IIIème République (lois sur la presse, l’école, les syndicats, les associations, la laïcité), ceux sont les acquis du Front Populaire et de la Libération qui font notre héritage commun bien plus que le sol, le sang ou la religion ! Un héritage universel qui a conduit des étrangers, par exemple des républicains espagnols, à se battre pour lui au Mont Mouchet !


Cette identité démocratique et sociale est notre héritage. C’est aussi notre espérance commune et au premier chef celle d’une jeunesse maltraitée par le pouvoir. Il est encore temps de suivre l’exhortation de Victor Hugo à ne sacrifier aucun des termes de la devise républicaine, les « trois marches du perron suprême ». Parce que « sur le chantier de ces valeurs toujours neuves,  pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop
 »  soulignait François Mitterrand. Oui, le débat sur l’identité nationale commence bien au Mont Mouchet, ce lieu qui raisonne à nos cœurs comme un constant rappel à l’ordre civique pour une France et une République ouverte et généreuse, libre et solidaire, égalitaire et fraternelle.

Par René Souchon
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 17:44

 

A l’occasion de la manifestation du 16 octobre 2009, je renouvelle tout mon soutien aux agriculteurs qui traversent une crise alarmante, qui a des conséquences directes et immédiates sur la pérennité et la survie des exploitations (notamment les producteurs de lait et plus globalement les éleveurs).

 

Solidaire de leur mouvement et de leurs revendications au niveau national et à Bruxelles, face à un environnement libéral et un avenir de plus en plus concurrentiel, comme Président de la Commission agricole de l’Association des Régions de France, j’ai toujours prôné en faveur d’une régulation forte de l’agriculture afin de permettre à chacun de tirer un revenu convenable de son activité.

 

Mobilisé face à cette situation, la Région organise une conférence régionale agricole le 12 novembre prochain, à laquelle l’ensemble des acteurs de la filière sont conviés pour échanger sur les enjeux  de la crise actuelle qui prouve plus que jamais que face aux conséquences désastreuses d’un présent libéral et d’un avenir qui le sera encore plus il est urgent d’aider les agriculteurs à passer le cap vers une agriculture différente, à haute valeur ajoutée territoriale et environnementale, hors marché mondial, positionnée sur des segments de qualité et de différenciations forts (circuits courts, etc..). Cette conférence sera l’occasion d’entendre les demandes et propositions de la filière, et d’examiner les éventuelles adaptation du programme agricole régional qui s’avèreraient nécessaires. 



                              

 
Par René Souchon
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