Lundi 2 janvier 2006 1 02 /01 /Jan /2006 17:05
Vaste sujet qui était le 23 décembre 2005 l’occasion d’un échange de vues à l’initiative de La Voix du Cantal. Le journal avait réuni le Préfet du Département, le Président du Conseil Général, les deux Présidents de Chambres Consulaires, Messieurs BOUNIOL et VABRET, le Président de la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Aurillac et moi-même.


Je crois que nous avons été unanimes à reconnaître que le Cantal avait trop longtemps vécu dans l’illusion que son agriculture allait le porter vers l’avenir. Le débat a démontré qu’à cette illusion pouvait s’en substituer une autre : celle que le commerce et l’artisanat ont à leur tour à assurer l’avenir du département et créer des emplois nécessaires pour garder sur place notre jeunesse. Soyons lucides, l’artisanat et le commerce sont des éléments essentiels de l’économie cantalienne d’aujourd’hui tout comme l’agriculture. A ce titre, il faut aider à la création et à la transmission d’entreprises mais certainement pas comme on le fait aujourd’hui en accordant des aides financières sans aucune sélectivité y compris à des personnes qui n’en ont nul besoin. Cela, je l’ai déjà dénoncé, s’appelle l’effet d’aubaine qui n’est pas autre chose qu’un gaspillage d’argent public.

 
Il y a des jours où je me demande si l’on arrivera à sortir dans ce département de la culture du guichet qui consiste à courir après la subvention même lorsqu’elle n’a aucun effet de levier. L’argent public est rare, à ce titre, il faut en réserver l’utilisation à ce qui est indispensable. Que l’on aide à une reprise de commerce ou entreprise artisanale dans l’espace rural, en fonction de critères d’aménagement du territoire et de difficultés de reprises, je suis tout à fait d’accord. Que  l’on aide à la reprise d’un commerce très rentable en zone urbaine, je ne peux l’accepter. Le Plan Cantal qui est co-financé par l’Etat, le Conseil Général et le Conseil Régional d’Auvergne (qui apporte à lui seul autant que les deux autres partenaires) est tombé dans ce travers, qui plus est à la demande de l’Etat. C’est ainsi que sous prétexte de préserver l’emploi, j’ai vu passer quelques dossiers d’aides à des reprises de commerces avec maintien des salariés précédemment en poste. Connaissant bien au moins Aurillac, je savais que ces aides étaient totalement inutiles parce que le salarié était indispensable dans l’entreprise. Nous devrons être, à l’avenir, très sélectifs. Ceci dit, le problème de l’avenir économique du Cantal reste entier après ce débat.
 

Notre économie souffre d’une insuffisance chronique de diversification et d’absence ou d’insuffisance de la culture d’entreprise. Pour garder nos jeunes, il faut des emplois de plus en plus qualifiés. Or, ce sont les entreprises et leurs responsables qui créent les emplois, pas les élus. Par ailleurs, si tous les jeunes cherchent des emplois salariés, c’est sans solution en dehors du BTP et de l’hôtellerie. Ils doivent accepter d’envisager la création d’entreprise notamment dans des secteurs porteurs :

    - l’agro-alimentaire,

    - le tourisme,

    - les services à la personne et à l’entreprise.
Par René Souchon - Publié dans : Politique
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