Partager l'article ! Les régions et l'avenir de la PAC: Une Politique agricole commune plus efficace et plus équitable grâce à la régionalisation ! ...
Une Politique agricole commune plus efficace et plus équitable grâce à la régionalisation !
La crise financière actuelle a quelque peu occultée la crise alimentaire mondiale, toutefois il est urgent, alors que le XXIème siècle s’ouvre sur la réapparition d’émeutes de la faim, de
produire plus et mieux. Comme le disait Léon Blum, « toute société
qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir
l’existence ».
A l’instar de la sphère financière, le secteur alimentaire ne peut seul être régulé par la spéculation et la soi-disant « main invisible » des marchés. Mais si la régulation et l’intervention publique sont nécessaires, ces leviers doivent être actionnés le plus efficacement possible et la politique agricole commune, n’échappe pas à cette règle !
80% des aides de la PAC sont attribuées à 20% des exploitations en France, délaissant des secteurs soit en difficultés comme l’élevage ovin, le maraîchage, l’agriculture hors-sol, ou très jeunes comme le bio. Il est donc urgent de réinventer la PAC sans la remettre en cause, de la réorienter dans l’intérêt des agriculteurs et des consommateurs pour qu’un euro dépensé soit un euro utile !
Jeudi dernier à Clermont-Ferrand, j’ai accueilli avec mes collègues Adrien Zeller (Président UMP de la région Alsace) et Alain Rousset (Président PS de la région Aquitaine), le premier séminaire sur le rôle des régions et l’avenir de la politique agricole commune. Plus de 400 acteurs du monde agricole étaient là, ainsi que Mariann Fischer Boel, Commissaire européenne à l’agriculture et au développement rural, et Michel Barnier, Ministre de l’agriculture et de la pêche.
Parce que les conseils régionaux français interviennent de plus en plus dans les politiques agricoles (en Auvergne, le budget régional 2008 pour l’agriculture s’élève à près de 11 millions d’euros), les régions ne peuvent être tenues à l’écart plus longtemps de ce débat majeur pour l’avenir, le développement et l’aménagement des territoires.
En outre, alors que le désengagement de l’Etat se fait de plus en plus sentir au fil des ans ( - 96 millions d’euros pour le budget 2008 ; soit une baisse de 1,5% des crédits gouvernementaux), les collectivités sont de plus en plus appelées par la profession à suppléer l’Etat.
Dans ce contexte, et
à l’occasion de la Présidence française de l’U.E, j’ai coordonné les travaux de la commission agricole de l’ARF qui ont aboutit à des propositions très
concrètes des Régions sur l’avenir de la PAC :
POSITION_ARF_PAC_25_SEPTEMBRE_2008.pdf.
Cette politique doit être réformée pour mieux répondre à l’élargissement de l’Union européenne et s’adapter aux enjeux de l’agriculture de demain.
Lors de cette journée de travail, j’ai fait part au Ministre des propositions des Régions d’une PAC plus efficace et plus équitable grâce à une mutualisation et une régionalisation, dès 2010, des aides attribuées à la France au titre du premier pilier (8,5 milliards d’€).
En effet, aujourd’hui, les aides sont attribuées au niveau national, sans souplesse ni réactivité face aux crises multiples qui peuvent toucher le milieu agricole. Dès lors, est-il normal d’aider
les céréaliers alors que le cours des céréales augmente et de ne pas aider les éleveurs ovins ? Est-il normal d’aider les filières et les agriculteurs sans tenir compte des spécificités des
territoires et notamment les handicaps des systèmes agricoles de montagne par exemple ?
Réformer la PAC pour lui redonner une légitimité, c’est tout l’enjeu de la Présidence française de l’Union européenne. Les Régions peuvent être un partenaire dans ce formidable défi comme c’est
déjà le cas dans d’autres pays d’Europe. Il s’agit d’être inventif et novateur, de ne pas céder à l’immobilisme. « La où manque l’imagination, les
peuples périssent » disait Jean Monnet ! Il est plus que temps de remettre l’imagination au pouvoir en Europe !