Qu’il faille protéger l’environnement, chacun en est bien conscient : c’est même devenu un sujet d’actualité récurrent. Mais trop souvent, jusqu’à présent, les moyens adéquats n’ont pas été
mis en face des objectifs fixés, au niveau européen en particulier : l’objectif visant à stopper l’érosion de la biodiversité en Europe dès 2010 ne sera pas atteint, on peut dresser un
constat d’échec. Il faut s’appliquer désormais à mener une politique ambitieuse et réaliste pour lutter contre la diminution de biodiversité.
C’est tout le sens du rapport que j’ai présenté aujourd’hui en session plénière du Comité des Régions d’Europe, qui s’intitule « Un nouvel élan pour enrayer la
diminution de la biodiversité ». Ce dossier était d’autant plus intéressant pour moi qu’il est complémentaire de ce que nous faisons en Auvergne, où nous nous sommes lancés dans un Plan
biodiversité au niveau régional, et où nous venons d’adhérer au Compte à rebours 2010. Comme on le dit souvent, et je pense que la formule est toujours d’actualité, il faut penser global et agir
local.
Concernant l’érosion de la biodiversité, la situation est dramatique. Le rythme de déperdition à l’heure actuelle est mille fois supérieur à ce qu’il était lors d’autres périodes de l’histoire de
la Terre, essentiellement du fait des activités humaines. La première grande mesure que j’ai proposée au Comité des Régions à travers ce rapport est de généraliser le principe
d’éco-conditionnalité des aides, tel que nous le mettons en place en Auvergne. Il ne faut plus donner de subventions à des projets entraînant des pertes de biodiversité, tout simplement. Parmi
les autres points clés de ce rapport, je suggère une gestion plus intensive, de la part des collectivités locales, des sites du réseau Natura 2000, la mise en place d’une trame cohérente de
corridors écologiques assurant la connexion entre les sites Natura 2000 et les zones de nature vierge, la révision en profondeur d’une politique commune de la pêche et de la politique agricole
commune, le développement d’une politique pour la forêt, et aussi la mise en place d’un Observatoire de la biodiversité à l’échelle européenne.
Mais parmi les éléments à ne surtout pas oublier, au niveau de l’Europe, il faut encourager les opérations de sensibilisation et de communication sur la
biodiversité, que l’on pourra défendre efficacement à la seule condition que les populations connaissent mieux ces enjeux, et se les approprient. D’autant qu’il ne faut pas considérer la
nécessité de préserver la biodiversité uniquement contre une contrainte, mais aussi comme une piste de développement économique : on peut pour cela activer des leviers d’encouragement
fiscal, c’est aussi ce que j’ai proposé au Comité des Régions à travers ce projet d’avis passé en session plénière jeudi 18 juin. Il y a urgence à agir, et pour le faire efficacement, tous les
échelons doivent mettre la main à la pâte, de l’Europe aux associations locales, en passant par les Régions.
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